L’Association pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin (APEF) a lancé un projet pour aider les communautés du Sud-Kivu face à la crise humanitaire.
Financé par Entraide et Fraternité, ce programme de relance socio-économique touche plus de 2 100 personnes dans les territoires de Kabare, Walungu, la plaine de la Ruzizi et la ville de Bukavu.
Le soutien agricole comme fondation de la sécurité alimentaire
Face à l’insécurité qui perturbe l’accès à la nourriture dans la région, le projet a mis l’accent sur le renforcement de la production agricole.
“Nous avons constaté que pour briser le cycle de la pauvreté, il ne suffit pas de donner des vivres. Il faut fournir aux communautés les outils nécessaires pour cultiver leur propre nourriture et générer leurs propres revenus,” explique Nunu Salufa, coordinatrice de l’APEF.
Les familles bénéficiaires ont reçu des intrants agricoles essentiels, dont 1 500 kg de semences de maïs, 900 kg de haricots et 300 kg de semences maraîchères, en plus des outils aratoires.
Maria M‘Mirimba, une bénéficiaire de Walungu, témoigne de l’impact direct de cette aide : “Grâce à ces semences, j’ai pu planter mon champ. Maintenant, je sais que ma famille ne souffrira plus de la faim.”
En plus des semences, des outils aratoires comme des houes, des pulvérisateurs et des pelles ont été distribués pour faciliter le travail de la terre.
Cette aide vise à améliorer les rendements des récoltes et à restaurer l’autosuffisance alimentaire des familles.
L’élevage pour la résilience et l’autonomie
Au-delà de l’agriculture, le projet a également misé sur l’élevage pour diversifier les sources de revenus.
La distribution de 75 chèvres, 120 cobayes et 120 poules pondeuses a particulièrement ciblé les femmes et les jeunes des organisations paysannes et coopératives accompagnées par APEF.
Les membres de l’op lors de l’octroi des poules à Kabare
Ces animaux ne fournissent pas seulement de la nourriture et des revenus, mais contribuent aussi à la fertilité des sols via le fumier organique.
“Les chèvres reçues sont une véritable banque pour moi,” confie Jeanette M’Mutonga, une bénéficiaire de Kabare. “En plus de contribuer à la fertilité des sols de mon champ, leurs petits me permettront de démarrer une petite activité pour subvenir aux besoins de mes enfants.”
Revitalisation des microfinances locales
Pour garantir la durabilité du projet, l’APEF a également revitalisé les structures financières locales en appuyant les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC).
Vingt de ces associations ont reçu un capital de 150 dollars chacune, stimulant ainsi leurs activités de prêt et d’épargne.
Ce soutien a directement conduit à la création de 40 nouvelles activités génératrices de revenus.
Ce partenariat entre l’APEF et Entraide et Fraternité montre qu’en combinant l’aide d’urgence à des stratégies de développement sur le long terme, il est possible de bâtir une résilience durable pour les communautés les plus vulnérables du Sud-Kivu.